CHEMIN DE CENDRES - 2009

En 2005 je suis parti pour la France et la Belgique pour tenter de comprendre ce que La Grande Guerre de 14-18 avait laissée dans la mémoire du territoire. Ce chemin m’a mené sur ce que l’on nommait le Front de l’Ouest, de la vallée de la Somme, en Picardie, en Artois dans le Nord-Pas-de-Calais jusqu’en Belgique dans les vastes champs de la Flandres. Le parcours de ces images fut aussi celui des soldats du corps expéditionnaire canadien partis défendre l’empire britannique, outremer.

J’ai suivi pendant 4 ans une longue liste de lieux marqués par les batailles affreuses, dans des villes et des villages, des lieux dits, des cimetières, sur ce vaste territoire. Cette vidéo de 10 minutes propose une partie de ce parcours, entre le déroulement perpétuel des paysages vus de la fenêtre du train et la quiétude de ces paysages occupés.

En alliant la fixité de la photographie et le mouvement de la vidéo, en explorant les micros évènements dans les plans fixes, en écoutant les rumeurs du vent autant que le tapage des trains, mes images m’ont permit de faire parler les paysages et d’en revisiter la mémoire. J’ai pu voir au cours de ces voyages les anciens champs de batailles, jadis des mers de boue, des villes entières qui furent réduites à des tas de pierres, des routes où circulaient les âmes perdues des combattants. Or, dans ce parcours, ce n’est pas tant la guerre qui m’intéressait que la volonté de m’approprier ces paysages afin de dépasser l’écume des faits et d’activer une mémoire plus vaste, une mémoire plus sourde, inscrite dans la terre.